
Shots enflammés : 10 recettes, pourquoi ça prend feu et comment éviter de se brûler
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Dans un verre à shot, un alcool à 40 % à température ambiante ne s’enflamme pratiquement pas. On le découvre en général la première fois qu’on approche un briquet d’un verre de vodka et que rien ne se passe. Le point d’éclair d’un mélange d’eau et d’éthanol, c’est-à-dire la température la plus basse à laquelle il dégage assez de vapeur pour prendre feu, tourne autour de 26 °C à 40 % d’alcool. Il baisse à mesure que la part d’alcool augmente, jusqu’à 13 °C environ pour l’éthanol pur. Une pièce normale se situe entre les deux. C’est pour ça que presque tous les shots ci-dessous comptent sur une couche de rhum overproof, une liqueur très titrée ou un alcool qu’on a d’abord fait chauffer.
Pourquoi il faut de l’overproof
Ce n’est pas le liquide qui brûle, c’est la vapeur juste au-dessus. Tout se joue donc sur la quantité d’éthanol présente à la surface. Une fine couche de rhum 151 (75,5 %) versée sur le dos d’une cuillère place le liquide le plus volatil exactement là où sera la flamme. Une allumette suffit, et les liqueurs plus denses du dessous participent à peine. Chauffer l’alcool prend le problème par l’autre bout : on fait passer le liquide au-dessus de son point d’éclair.
Le Bacardi 151, le rhum que citent la plupart de ces recettes, n’est plus produit depuis 2016. N’importe quel autre rhum à 75,5 %, comme le Lemon Hart 151 ou le Don Q 151, se comporte de la même façon dans le verre. Jusqu’où les barmans ont poussé le degré, on le raconte dans notre tour d’horizon des cocktails les plus forts du monde.
La flamme est bleue et pâle. L’éthanol brûle proprement et ne produit presque pas de suie, alors que c’est elle qui donne sa lueur jaune à une bougie. Le peu de couleur qu’on voit vient de radicaux carbonés éphémères qui émettent faiblement dans le bleu. En plein jour, la flamme peut être quasi invisible, et c’est là que commencent la plupart des brûlures.
Les recettes
Flaming Lamborghini
Celui que tout le monde cherche, et le plus spectaculaire. Le Flaming Lamborghini demande de la liqueur de café, de la sambuca, du curaçao bleu et de la crème irlandaise. La liqueur de café va dans un verre à cocktail préalablement chauffé, on dépose la sambuca par-dessus et on l’allume, pendant que la crème irlandaise et le curaçao attendent à côté dans deux verres à shot. La sambuca titre environ 40 % : elle s’allume beaucoup plus volontiers si on la chauffe avant.
Une version plus chargée, le Flaming Lamborghini #2, réunit sambuca blanche, Chartreuse verte, crème irlandaise, Galliano et curaçao bleu. La Chartreuse verte est embouteillée à 55 %, donc celle-ci prend feu bien plus facilement.
Flaming B-52
Liqueur de café, crème irlandaise et Grand Marnier en trois couches, comme le B-52 classique, avec du rhum 151 en quatrième couche sur le dessus. Le Flaming B-52 ne marche que si les couches tiennent : avant de t’y attaquer, jette un œil au guide du shot B-52 et à nos conseils plus généraux sur les shots en couches.
Flaming Dr. Pepper
Amaretto et rhum 151 dans un verre à shot. On allume, puis on lâche le verre dans un demi de bière, qui éteint la flamme au contact. Le Flaming Dr. Pepper ne contient pas une goutte de soda, et pourtant l’amande et les notes caramélisées, sur fond de bière, rappellent étonnamment le soda.
Flaming Blue Jesus
Le Flaming Blue Jesus superpose Southern Comfort, schnapps à la menthe poivrée et tequila, puis se termine par une couche de 151 qu’on enflamme.
Flaming Sambuca
Sambuca noire et café : on chauffe la sambuca, on l’allume quelques secondes, on étouffe la flamme et on boit. Le Flaming Sambuca est le plus doux de la bande, et notre sélection de cocktails à la sambuca explique pourquoi cet alcool se trouble.
Flaming Dragon et Flaming Tree
Deux variations sur la même idée, qui associent toutes deux Chartreuse verte et rhum overproof. Le Flaming Dragon précise du rhum 151, le Flaming Tree te laisse choisir ton overproof. Herbacés, brûlants, et très forts l’un comme l’autre.
Flaming Hot Chocolate
Crème de cacao brune sous une couche de 151. Une fois la flamme éteinte, le Flaming Hot Chocolate a un goût de cacao grillé.
Flaming Rasta
Grenadine au fond, amaretto au milieu, 151 sur le dessus : trois bandes de couleur avant même d’allumer. Le Flaming Rasta est le plus facile à monter en couches, parce que la grenadine est assez dense pour rester au fond sous à peu près n’importe quoi.
Et si l’unique bouteille d’overproof de la maison cherche un autre emploi, le moteur de recherche de cocktails par ingrédients la croisera avec tout ce qu’il y a d’autre sur l’étagère.
Les questions qu’on nous pose
Comment boit-on un Flaming Lamborghini ?
Traditionnellement à la paille, pendant que le verre brûle encore, avec une deuxième personne qui verse la crème irlandaise et le curaçao au fur et à mesure. Dans l’ordre le plus sûr, on éteint d’abord la flamme, on verse ensuite les deux liqueurs froides, puis on met la paille et on boit d’une traite.
Comment s’appelle le shot avec du feu dessus ?
N’importe lequel de ceux-là, mais le Flaming B-52 et le Flaming Sambuca sont les deux que la plupart des bars connaissent.
La sécurité, sans détour
- Souffle la flamme, ou pose une soucoupe sur le verre, avant que quiconque ne boive. Une flamme qu’on ne voit pas brûle quand même.
- Ne reverse jamais d’alcool sur un verre en feu : la flamme peut remonter le long du filet jusque dans la bouteille.
- Pas de paille dans un verre allumé, et on ne soulève ni ne déplace un verre tant qu’il brûle.
- Attache les cheveux longs et garde tes manches loin du comptoir.
- Rebouche la bouteille d’overproof et tiens-la hors de portée de la flamme. Laisse refroidir le verre avant de toucher le bord, qui chauffe très vite.
Dernière modification le 25/10/2026